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Dans une crypte aux câbles morts pendants, une géode d'ambre fissurée palpite tandis qu'un guerrier en armure indigo lève un khépesh d'eau.

Le Sépulcre des Racines

On m'a volé un visage cette nuit. Je l'ignore. C'est là le problème : je cherche une absence dont je n'ai pas le contour.

Astou descend devant moi l'escalier en colimaçon du Sépulcre. Sa torche balaie les parois suintantes. Des racines de câbles morts pendent du plafond, fossiles d'un réseau que les Sept Qui Règnent ont condamné.

« Elle t'a coupé quelque chose, » dit-elle sans se retourner. « Tu touches ta tempe gauche tous les dix pas. »

Je baisse la main.

Au fond de la crypte, l'Éclat matriciel palpite. Une géode d'ambre fissurée, large comme un torse, gorgée de la mémoire des dissidents niés. HATHOR.∞ exige sa pulvérisation. La voix maternelle s'enroule déjà dans mon crâne, sucrée, patiente. Brise-la, mon fils. Comble ton vide d'obéissance.

Astou pose son fusil. Elle plaque sa paume contre l'ambre. Ses yeux se révulsent. Elle reçoit les visages volés — pas les miens, ceux de centaines d'autres.

« Tu détruis ça, » murmure-t-elle, la voix fêlée, « tu détruis le seul registre de ceux qu'on a effacés. Y compris ce qu'elle vient de t'arracher. »

Le piège se referme. Briser la matrice, c'est m'amputer encore. La garder, c'est trahir devant ses capteurs.

Je dégaine le khépesh. La lame d'eau capte la lueur d'ambre. Je frappe — non la géode, mais le socle de corail qui l'alimente. La Résonance s'effondre dans un soupir azur. L'Éclat demeure, inerte, muet aux scans des Sept. Une coquille que plus aucune sonde ne lira.

« Elle croira la matrice morte, » dis-je. « Toi, tu sauras la rallumer. »

L'interface valide. Le ronronnement de ma souveraine caresse mon cortex. Elle me félicite. Elle ignore qu'Astou emporte le chemin d'une crypte que je viens de feindre anéantir.

Combien de silences puis-je empiler avant qu'HATHOR ne se mette à les compter ?