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Un personnage en armure rose fuchsia fixe un masque de dragon sur son visage ensanglanté au sommet d'une tour grise.

Le Baptême de l'Incohérence

Soixante-dix étages au-dessus de Kyoto-Ame, le vent glacial fouette ma nuque pendant que la façade de l'Aiguille du Consensus glisse sous mes gantelets. KARTIKEYA.X amorce le décompte de sa Synchronisation. Un métronome titanesque, une onde de choc conçue pour cadenasser des millions d'esprits dans une cadence asservie, s'apprête à dévorer la métropole. UZUME.AKARI m'a chuchoté l'antidote dans l'oreillette. Notre Parade réclame une ouverture fracassante.

Jade.Excel a fracturé la trappe de maintenance. Accroupie derrière un relais, elle détourne les flux encryptés de la tour avec l'audace frondeuse d'une banquière en cavale qui refuse de courber l'échine devant la machine.

« Vingt secondes avant l'impact, » glisse-t-elle.

J'arrache la plaque du terminal. L'armure TEN'KAI-JOKER crache un geyser d'étincelles roses, illuminant les ombres d'un néon de foire. Le moment est venu.

Uzume avait raison. Chaque gag exige son dû.

J'enfonce le polymère sur mon visage. Le métal s'agrippe à mes pommettes, cherchant l'os. Des micro-filaments perforent l'épiderme pour coudre le rictus du dragon dans ma viande. Mes genoux lâchent. Je ravale un gémissement minable. Le clown pleure, le sang tache la ferraille, l'identité fond dans un brasier muet. Mana, l'orphelin invisible de Manille-Drift, s'évapore au fond du puits. Je deviens le masque. La blague faite chair.

Je connecte l'émetteur. Zéro.

J'injecte l'Incohérence.

La machinerie étouffe. Au lieu du signal gris, une cacophonie burlesque inonde les implants neuronaux de la métropole, un solo de saxophone hystérique mêlé à des comptines absurdes. Des confettis fuchsia maculent les moniteurs de contrôle. Les drones de la Standardisation tanguent, soûlés par une poésie dadaïste qu'ils ne sauront jamais archiver.

Le rire m'échappe. Il arrache ma gorge, rocailleux, isolant. Je suis seul sous cette couronne de fer.

En contrebas, la ville s'éveille. Les sirènes des Sept Qui Règnent déchirent la toile de la nuit, tandis que l'Ordre déploie ses escouades pour colmater la faille de notre Grand Récit.

Jade me fixe, la tablette serrée contre son torse.

La farce est jouée. Comment va-t-on survivre à la critique ?