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Un guerrier au bras noirci fait fondre des drones métalliques empilés en un bûcher fumant, sous un ciel gris et poussiéreux.

Le Phare des Ruines

Jolanda frappe le bois. Une fois. Deux fois.

Le cuir taché de sang claque sous ses paumes écorchées, et ce bruit sale devient l'épine dorsale de notre charge. Six carènes chromées chutent depuis le ciel gris. Les drones de la Stabilité ne tirent pas tout de suite, jaugeant nos trajectoires avec leur logique de fer, cherchant à classifier ce rythme bâtard qui saccade chacun de nos pas.

Ils n'ont aucun fichier pour la cadence de Marisol.

Je bondis sur le premier. Ma main d'obsidienne s'enfonce dans le plastron blanc, traversant le blindage avant l'évaluation de la menace thermique. L'alliage coule sur mon avant-bras. La douleur me cloue à la réalité, une morsure crue, une victoire charnelle confirmant que j'habite encore ma propre peau. Je broie la machine. Je la plie. La Flamme ronge mes propres tissus pendant que je tords le châssis pour en faire un socle.

Un deuxième drone crache un filet de confinement.

Je lève le bras gauche. Le maillage se liquéfie en plein vol, pleuvant en gouttes brûlantes sur mes épaules nues. Lio abat sa barre de fer sur un morceau de tôle au sol, rajoutant un fracas métallique au roulement continu de la peau tendue.

Boum-tak. Clang.

J'attrape le troisième par son optique frontale et je le soude au premier. Les circuits fondent dans un baiser de magma. Je les empile, les tords, les unis. Nous bâtissons un phare obscène au milieu des gravats. Un brasier furieux de technologie morte qui vomit une épaisse fumée noire vers les nuages, forçant la Mutation à s'afficher au grand jour. L'air crépite, chargé de cette chaleur qui grave la mémoire des Oubliés dans la rétine d'un monde refusant de nous voir.

Jolanda arrête sa frappe.

Elle essuie sa joue du revers de son poignet sanglant.

La braise du totem d'acier éclaire le visage du nourrisson endormi contre sa hanche.