<< SYS_PREV_LOG
Zumbi en armure incandescente regarde des survivants en haillons se battre contre des drones métalliques dans une tempête de neige.

Le Prix du Vacarme

Les phares des patrouilleurs déchirent la tempête. Trois bipèdes blindés émergent du brouillard glacé, happés par le geyser que j'ai craché dans le ciel du Secteur Obsidienne.

Ils marchent au pas.

L'ordre de la Stabilité vient écraser notre vacarme.

Je ne m'interpose pas.

La femme épaule son arme. Elle tire. Le recul la jette au sol, la décharge ricoche sur le plastron du premier robot dans une gerbe d'étincelles bleues. Lio crie. Il fonce avec sa barre de fer rouillée et frappe le genou articulé de la deuxième machine. L'acier résiste. L'adolescent s'effondre sous la riposte, le nez en sang, mais il rampe, agrippe un câble, tire de toutes ses forces.

Jolanda tape sur le cuir poisseux. Boum-tak. Le rythme de Marisol.

Le feu monte dans mes os. Pas le mien. Le leur. La Flamme des Oubliés ne se transmet pas par héritage. Elle s'arrache dans la fange, quand les phalanges nues heurtent le métal poli. Je regarde ces crève-la-faim défendre leur survie. Un vieillard enfonce un pieu de chantier dans l'optique d'un assaillant tombé à terre. L'automate tressaille. Le vieux crache sur l'objectif crevé.

La Mutation prend racine ici. Dans ce sang qui souille la neige.

Je laisse la mêlée se déchaîner. L'air se sature de rage et de souffles courts. Ma poitrine s'embrase. L'un des bipèdes repousse le groupe d'un balayage aveugle et braque un canon sonique sur Jolanda.

Le tambour s'arrête.

Je bondis. Mon poing d'obsidienne s'enfonce dans le blindage tiède. La matière fond. Je broie le mécanisme interne en un battement de cil.

Les réfugiés halètent sur le quai dévasté. Ils saignent. Ils se tiennent debout.

Dans le lointain, une sirène retentit, si grave qu'elle résonne dans mes mollets. Le sol du viaduc vacille sous mes bottes. Ce qui approche n'a plus rien d'une patrouille.